Nous avons passé la frontière terrestre le lundi 29 décembre à Had Lek tout au sud-est de la Thaïlande. C’est assez impressionnant de chercher la bonne guérite, d’attendre les visas, de négocier les tarifs… en gros d’être à la merci d’un tampon, que dis-je, de beaucoup de tampons (rouge, noir, bleu…). Une fois le visa en poche sans trop de difficulté, nous avons fait un stop à Krong Koh Kong où nous avons découvert le fonctionnement de la monnaie locale. Nous payons en dollars américain et on nous rend la monnaie en riels cambodgiens, c’est une petite gymnastique, mais on s’y met vite !!! C’est bizarre de fonctionner avec deux monnaies, mais après quelques jours tout sera plus facile.

Le lendemain, après une nuit dans l’hôtel le plus miteux depuis notre voyage, nous prenons le bus pour nous rendre à Phnom Penh et rejoindre Véro et sa copine Paco. Véro a joué les mères Noël en apportant plein de cadeaux dans sa hotte. C’est trop marrant de se retrouver au bout du monde. Nous passerons une partie du réveillon dans un café en terrasse avec vue sur le fleuve Tonlé Sap qui était le QG des correspondants de guerre.

Nous visitons Phnom Penh, ville bruyante avec pas mal de circulation et d’effervescence mais aussi un peu campagnarde avec la canne à sucre dans les boutiques, les charrettes de foin sur les grandes avenues.
Virginie découvrira les horreurs d’un génocide, en visitant le lycée Tuol Sleng reconverti par les khmers rouges en centre de tortures de 1975 à 1979 et aussi dénommé S 21. Il règne une ambiance silencieuse et de recueillement devant de telles horreurs et la simplicité des lieux rend très réel les atrocités commises. C’est « prenant ».
L’Histoire du Cambodge nous happe et nous achetons et lisons des livres sur cette période.

Jeudi 1er janvier, nous partons vers Kompong Cham en bus (4 heures). C’est un petite ville située sur les bords du Mékong. Pour notre rencontre avec ce fleuve mythique, nous empruntons des vélos et le traversons sur un pont fabriqué en bambou. Ce pont est reconstruit chaque année quand la saison des pluies est terminée. C’est marrant et très bruyant. Nous arrivons donc sur une petite île, où nous découvrons la vie en campagne. Les gens trient le poisson pêché du jour, lavent leur vache dans le Mékong, transportent de la paille, préparent à manger, cueillent des pamplemousses… Ils sont énormes et c’est la pleine saison. Des dizaines de «hello» des enfants nous accompagnent tout au long du chemin. Véro est heurtée par un veau excité qui lui vaudra ce surnom « Voronique » qui fait bien rire Carl.
Le lendemain nous découvrirons la campagne aux alentours de la ville en tuk tuk avec ses rizières, ses boeufs, ses temples, ses forêts d’hévéa, ses mariages, ses pistes…